Souvenir de la Maison Jaune / Séances d'écoute

Une carte blanche passée à Rainier Lericolais, dans le cadre des séances de diffusion d’œuvres sonores de la Chambre d’Ecoute du Musée Réattu, en partenariat avec le Centre national des arts plastiques sur une proposition de Pascale Cassagnau (Cnap) et Marc Jacquin ( Phonurgia Nova) 

Dans Souvenir de la Maison Jaune, le cinéaste Joao Cesar Monteiro met en scène un personnage anarchiste et irréductible habitant une pension de famille à Lisbonne. La Maison Jaune est ce lieu réel, à la fois maison, refuge, havre de paix, espace de retrait, de dissimulation, d’enfermement, lieu social et quotidien, pour une vie domestique mode d’emploi.

Miroir exact du banc public, du café, du bus, la pension –maison  est le lieu de la socialisation, générant dérèglements, folie et raison. La maison est ici l’espace où se livrer à des trafics, où philosopher, raconter des histoires, jouer des personnages.

C’est aussi l’évocation métaphorique de l’asile psychiatrique filmé à la fin du film, où séjourne le personnage, où a séjourné le cinéaste lui –même. Monteiro excelle à théâtraliser la représentation de la vie domestique. La Maison Jaune est une scène de théâtre, un théâtre du Monde. 

Les séances d’écoute  sonore plaçant la création sonore dans la perspective et l'enjeu du texte, de la fiction, pourraient décliner des propositions à partir de l’hypothèse d’un lieu personnel réel ou fictif, que l’artiste Rainier Lericolais  investira sous la forme un journal de bord de son travail.

Pascale Cassagnau

Centre national des arts plastiques

Semaine 7: La voix du Dibbouk

Semaine 6: Carton perforé

Semaine 5: Quatuor N°5

Semaine 4: Tatam Sulan Totori (10 P'ti boucs)

Semaine 3: Il Decameron

Semaine 2: Dynamique de la grande ville

Semaine 1: Poëmographies

Rainier Lericolais

Plasticien et musicien, Rainier Lericolais (né en 1970 à Châteauroux), vit et travaille à Paris.

Protéiforme, son travail explore principalement les liens entre arts plastiques et musique mais s’exprime dans des œuvres avant tout graphiques, élégantes et précaires. Lericolais emprunte à la musique la technique du « sampling », mixant et re-combinant les formes et les images à l’infini, au gré de ses influences et de ses rencontres. Il puise par ailleurs son inspiration dans une contre-culture musicale encyclopédique et dans une approche de la littérature, de l’art et du cinéma à la fois curieuse et éclectique.

Lericolais sert un projet rigoureux où se croisent des expérimentations de médiums très divers. On découvre ainsi des dessins réalisés au pistolet à colle, des images de magazines « dépeintes » (imprimées puis « retouchées » avec de l’eau ou du trichloréthylène), des oscillogrammes découpés au cutter dans du carton, des photographies prises d’un écran de télévision au moment où celui-ci s’éteint ou encore des images réalisées à partir du reflet piégé de la lumière d’un scanner.

Dans cette démarche d’expérimentation lucide et construite, le hasard n’est bien sûr pas étranger. En témoignent les dessins et gravures réalisés par « contact » (frottages, grattages) ou les recherches « improbables » qui permettent à Rainier Lericolais de tester la reproductibilité. Enfin, ce que l’artiste nomme lui-même les «petites solutions » sont des procédés qu’il invente ou éprouve avec ingéniosité, et qui assurent à l’ensemble de son œuvre une indéniable cohérence.

La discographie de Rainier Lericolais compte plus de 100 références. Il a collaboré avec des artistes aussi divers que Simon Fisher Turner, Stephan Eicher,Klara Lewis,  ou Sylvain Chauveau. 

Il est représenté en France par la galerie Thomas bernard /cortex athletico, Paris. et au Luxembourg par Nosbaum Reding Gallery