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Germaine Pratsevall, Papiers chiffons...

Exposition du 8 avril au 11 juin 2017

Germaine Pratsevall (née en 1935) est une artiste rare et une femme de mémoire, fidèle en amitié artistique. Le musée Réattu lui a consacré sa première exposition institutionnelle en 1986 et à cette occasion, l’artiste avait fait don au musée d’une oeuvre grand format caractéristique de son travail.
C’est presque naturellement qu’en 2016, l’artiste a décidé de faire don au musée de 350 peintures, créées entre 1979 et 2004 et 134 gravures. Cette donation n’a été rendue possible que grâce au travail d’inventaire mené par Dominique Mazel ancienne conservatrice de la bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence.
Germaine Pratsevall est un peintre de la couleur et surtout de la lumière. Son support de création unique est le papier chiffon, qu’elle perfore à l’aiguille pour permettre à l’air et à l’espace de pénétrer. Elle trempe ensuite la feuille dans un bac rempli de peinture, complicité avec le geste du graveur ─ sa formation initiale ─ qui passe sa plaque dans le bain d’acide. Ce geste premier est essentiel, car la couleur n’est pas posée sur le papier, elle le pénètre. On ne peut que penser à la phrase d’Yves Klein, « la couleur habite l’espace ».
Après séchage, l’œuvre est reprise au pinceau, parfois, souvent à plusieurs reprises.
Artiste rare car exigeante avec elle-même comme elle le fut de 1962 à 1996 en tant qu’enseignante à l’Ecole des Beaux-arts d’Aix-en-Provence. Cette exigence, centrée sur la création au-delà de la monstration, forcément en inadéquation avec les besoins de ses œuvres qui dans l’idéal pour elle « devraient être suspendues à l’extérieur comme les feuilles des arbres ». C’est donc avec une certaine méfiance qu’elle a répondu favorablement aux demandes d’exposition au gré de rencontres qui ont su capter sa confiance comme Michel Monory (1984 Galerie Athanor, Marseille), Michèle Moutashar (1986 musée Réattu, Arles) ou l’auteur Michel Butor (Institut français du Royaume Uni, Galerie Matisse, Londres).

L’œuvre de Germaine Pratsevall s’appréhende comme un tout, ne dit-elle pas « Je n’ai fait qu’une seule peinture » mais comme pour l’artiste, l’œuvre l’emportera car « on voudrait les voir toutes ensembles, mais c’est impossible, elles se vengent ».