Cette année, Réattu confirme son statut de pôle majeur du Festival du Dessin en accueillant 4 expositions traversant l’art du dessin, du XVIIe au XXe siècle.

NICOLAS LAGNEAU

Dans les collections de la Bibliothèque nationale de France 
Portraitiste, caricaturiste, illustrateur et dessinateur français, Nicolas Lagneau composa la majeure partie de son oeuvre entre 1620 et 1660, sous le règne de Louis XIV et pendant la Régence. Ses portraits, tous dessinés au pastel, sont le fruit de l’observation méticuleuse du quotidien et tirent souvent vers la caricature.
Exposition organisée en collaboration avec la Bibliothèque nationale de France.

Nicolas Lagneau, Socrate, vu de face, entre 1600 et 1650, pierre noire, sanguine, pastel ocre jaune, bleu et vert, estompe et pinceau mouillé © Collection du département des estampes et de la photographie de la BnF

THÉOPHILE ALEXANDRE STEINLEIN

Né en 1859 à Lausanne (et mort en 1923 à Paris) où il mène des études de lettres, Steinlein s’installe définitivement à Montmartre en 1883, où il se lie à Toulouse-Lautrec, Aristide Bruant, Félix Vallotton et Alphonse Allais. Combattant virulent de l’injustice, il collabore à divers journaux satiriques dont L’Assiette au beurre et Le Rire. Amoureux des chats, il réalise en 1896 les célèbres affiches de la Tournée du chat noir qui assoient sa notoriété. Dénonçant aussi bien l’injustice de l’affaire Dreyfus que l’absurdité de la Première Guerre mondiale, il laisse derrière lui une oeuvre puissante, d’une singulière modernité.

Sans titre (série Danse macabre), 1919, encre sur papier. Association des Amis du Petit Palais, Genève

JEAN-JACQUES LEQUEU

Dans les collections de la Bibliothèque nationale de France
Né en 1757 à Rouen (et mort en 1826 à Paris), Jean-Jacques Lequeu est le fils d’un artisan menuisier réputé, doublé d’un habile dessinateur, qui est sans doute à l’origine de sa vocation artistique. À une ou deux exceptions près, il a conçu des projets architecturaux qui n’ont jamais vu le jour, dans lesquels il laisse libre cours à un imaginaire débridé, à la fois utopiste, parodique et d’une extrême érudition, ainsi qu’à un foisonnement de détails d’un rare raffinement graphique et chromatique. Dédaigné de son vivant, puis oublié durant des décennies, il est redécouvert par l’historien de l’art Emil Kaufmann en 1949.
Exposition organisée en collaboration avec la Bibliothèque nationale de France.

Jean-Jacques Lequeu, La porte de clôture de l’hermitage est sur le chemin solitaire comme pour les anachorètes qui menaient une vie érémitique. Vide-bouteille du désert aride, non daté, plume, lavis et aquarelle © Collection du département des estampes et de la photographie de la BnF

FERNAND LÉGER

Né en 1881 à Argentan (et mort en 1955 à Gif-sur-Yvette), fils de paysans normands, Fernand Léger s’installe à Paris où il côtoie Chagall, Delaunay, Soutine, Apollinaire et Modigliani. En 1907, il découvre le cubisme de Braque et de Picasso, qui lui inspire son propre langage pictural : le « tubisme ». Partisan d’un art collectif, il fonde avec Ozenfant l’Académie moderne à Montparnasse, que dirigera son élève et épouse Nadia Léger.
Conciliant le modernisme des éléments mécaniques avec un art social destiné au plus grand nombre, il réalise en 1951 ce qui sera son oeuvre la plus célèbre, Les Constructeurs, pour laquelle il exécute plus d’une centaine de dessins et gouaches préparatoires.

Fernand Léger, Les constructeurs, 1950, encre de Chine et gouache. © Collection privée